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Posts Tagged ‘recensement de la population’

Le piratage des oeuvres est un phénomène connu de tous. Option d’accès à la culture populaire fort bienvenue en ces temps de crise, le débat sur son immoralité en termes de droits d’auteurs et la nécessité d’une répression (autour du projet de Loi Hadopi en 2009, de la poursuite suédoise des fondateurs de Piratebay depuis 2008 ou encore de la fermeture en 2012 de Megaupload)  n’a fait qu’enfoncer le clou.

Comme trop souvent dans notre rapport aux sciences ou à l’actualité, nous ne connaissons de l’informatique que ce qu’il nous a été nécessaire de nous approprier. La prise de recul sur un phénomène, auquel on participe de près ou de loin en tant qu’usager ou acteur de débat, ne devient un besoin que lorsqu’il touche directement aux champs intellectuels permettant la bonne conduite de nos projets et de notre vie quotidienne. Spécialisation donc de notre réflexion ; primauté de nos centres d’intérêts et de notre construction sur l’exploration des nouveaux champs de la connaissance.

Les informaticiens de formation – spécialiste du hardware, du software ou chercheur – ne pourront que s’incliner.

Le warez : objectifs et outils

« Warez » est le qualificatif apposé à tous ce qui appartient à l’univers du piratage. Le mot viendrait de l’écriture de la phonétique déformée du terme anglais « wares » qui signifie marchandises. Explication qui tendrait à souligner l’assimilation du piratage à une affaire de contrebande plutôt qu’à une énième manifestation du militantisme du monde informaticien en faveur de la liberté et de la coopération (souvent ramenée à la seule question du logiciel libre). Si Clubic n’hésite pas à mettre tout le monde dans le même sac (à la suite des pirates eux-mêmes qui se présentent ainsi), peut-être faut-il souligner l’existence de courants dans le monde du libre à cause de divergences sur les méthodes pour parvenir à ses fins.

Un site warez permet d’accéder au contenu warez produit et publié (« releases ») par les soins d’une communauté warez. À vrai dire, il faut parler de sites et de communautés (et plus précisément de « teams ») au pluriel. Il en existe autant bien sûr qu’il y a de cibles de piratage (films, univers manga, musique, logiciels, jeux-vidéos, etc) mais autant, également, qu’il y a de pirates. Le crime organisé à grande échelle et petite échelle sont deux tendances qui se valent.

Je crois bien que si le terme s’applique [à l’origine] à l’accès aux contenus piratés via le système de téléchargement direct à partir d’un groupe de serveurs appartenant au site warez, il englobe aussi [maintenant] les logiciels P2P (dont ceux qui utilisent le protocole Torrent), qui disséminent les contenus warez chez de nombreux usagers.

Fonctionnement d’un crime organisé

L’activité warez s’est développée aux États-Unis dans les années 1970. « La Scene Warez » (« The Warez Scene » en anglais)  ou « La Scene » a ainsi été la première communauté warez. C’est elle qui a construit les grandes lignes de l’organisation de l’activité pirate et mis en place les standards de sécurité et standards des formats de production des contenus warez (et donc leur dénomination).

Les communautés sont maintenues dynamiques par le challenge entre les différentes « teams » qui s’affrontent (on parle de « course », « race »). Les contenus originaux sont fournis aux teams par un de leur membre ou une sorte d’associé appelé « Supply ».

Les noms de certaines teams – ADDiCTiOn, DEViANCE, ISO, FMC, VOMiT, LOL, Fairlight, Razor 1911, etc – sont devenus célèbres dans le monde cinématographique. Des groupes comme Paradox, Black Squadron ISO, Radium, Reloaded et bien d’autres ont multiplié les exploits en craquant des systèmes anti-copie de jeux vidéo et de logiciels (The Sims, Assassin’n Creed, Cubase VST, Windows 95, XP, Vista…). Chaque team a une organisation pyramidale et peut parfois se composer jusqu’à une trentaine de personnes.

Les « teams » constituent le coeur d’une communauté mais dans la mouvance warez se positionnent également d’autres acteurs. Au-delà de la team qui modèle le contenu, il y a les Topsites ou les réseaux P2P. Lorsque les fichiers sont envoyés au « Siteop » (administrateur d’un TopSite), ils sont confiés à une équipe de « Nukers » (personnes chargées de vérifier la conformité des releases). Aucune garantie pour les réseaux P2P quant aux noms de codes caractérisant la qualité des contenus warez téléchargés. On distingue ainsi plusieurs types de « teams », les « teams Scene », les « teams P2P », auxquelles il faut ajouter les « teams Report » qui s’occupent de rediffuser sur d’autres sites et d’autres réseaux P2P le travail des deux premiers types de teams.

Les équipes de sous-titrages (fansubs) entrent également dans la mouvance. Il y a deux grandes écoles : les équipes de « fast-sub » dont le but est de fournir les sous-titres le plus rapidement possible et les « quality-sub » qui effectuent un travail de sous-titrage d’un niveau quasi professionnel. Des teams ont pignon sur le Web, comme Subfactory qui recrute en permanence des sous-titreurs bénévoles.

Actuellement, la répression a repris le dessus aux Etats-Unis. La communauté warez américaine est donc obligée d’être plus prudente que jamais mais poursuit son activité (elle alimente le monde entier!) en recourant aux Darknets, ces réseaux de communication semblables au net (appelé « web régulé ») mais anonymes auxquels on accède par les passerelles TOR ou I2P par exemple qui servent également à la liberté d’expression au coeur des pays de dictature.

La culture warez : déontologie, compétences et ambiance

Concrètement, un outil warez est un outil spécialisé dans la distribution illicite de programmes, livres, musiques et films copiés, déprotégés (crackés) si nécessaire et adaptés au public (par la présence de sous-titres ou la proposition de formats compatibles avec notre matériel). Il doit utiliser diverses astuces pour protéger la localisation des contenus ou bien proposer dans un délai proche du « Zero Day » une copie des derniers contenus produits.

La page Wikipédia consacrée au terme ou encore l’article de Clubic recense un grand nombre de ces termes à la noix que rencontre l’usager des services warez (même s’il en existe bien d’autres, empruntant au vocabulaire technique de la cinématographie et des modes de diffusion).

Plusieurs sites sont consacrés à la culture warez (sans pratiquer l’activité) : torrentfreak, le journal du pirate, les waréziens, …

Pierre angulaire de la déontologie warez, il n’est censé y avoir aucun échange d’argent. Il s’agit de contourner l’obstacle financier des industries culturelles, d’illustrer sa passion de la culture populaire et de répondre au challenge de la compétition entre teams. Les personnes de la mouvance warez qui se sont laissées tenter (et se sont fait prendre) n’appartiennent pas proprement dit aux teams : selon Clubic, ce sont des administrateurs de sites warez ou des personnes se réappropriant les contenus piratés et les proposant ailleurs contre argent.

Outre l’aspect illégal il faut souligner que les contenus warez peuvent contenir des spywares, chevaux de Troie ou autres malwares. Ce n’est a priori pas le fait de la communauté warez mais cela peut faire partie des mesquineries découlant des rivalités entre teams.

Une team warez détient par ailleurs de nombreuses compétences. La numérisation des livres par OCR (méthode de numérisation de textes) est contrôlée par des relecteurs aussi passionnés que cultivés qui relisent et corrigent les fichiers générés par les logiciels de reconnaissance. Lorsqu’il s’agit de logiciels ou de jeux vidéo, il faut tout d’abord déverrouiller (ou déplomber) les systèmes anti-copies : mission confiée à des programmeurs pointus appelés « Crackers » (recours à un « keygen », générateur de clés pour utiliser des logiciels piratés, ou un « crack », ouvrant le dossier sans indiquer de clés). Les DVD/Blu-ray doivent quant à eux être ripés et encodés, tandis que les films et les séries TV sont survolés à une vitesse impressionnante par les équipes de sous-titrages.

Les teams signent leurs exploits sur les fichiers textes NFO qui accompagnent les releases, et certaines d’entre elles y exhibent fièrement leur logo réalisé par de véritables artistes de l’art ASCII. Cette discipline artistique consiste à créer des images à l’aide de lettres et de caractères spéciaux.

Sources et compléments :
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Un panel de services

Le premier des services est évidemment la communication des documents. Il n’existe en tant que tel que depuis 1946 avec l’ouverture d’une salle de lecture. Auparavant, le service est utilisé uniquement par la municipalité pour défendre ses droits, par la copie des pièces les plus précieuses (vidimus) ou la sortie des documents, en dépit de la proclamation du droit de consultation au XIXe siècle. Les élèves de l’École des Chartes de Dijon (1829-1836) ont pu être autorisés mais ce sont surtout Joseph Garnier et Louis de Gouvenain qui y ont eu accès en tant qu’employés du service22. La création d’une salle de lecture répond en fait à un pic de consultation des archives (multiplication par deux entre 1907 et 1908) par les étudiants de la faculté d’Histoire de Dijon, sous l’égide d’Henri Hauser et Arthur Kleinclausz, qui remet en cause l’ancien système de consultation sur rendez-vous et présence de l’archiviste23. Des horaires d’ouverture réduits apparaissent avec la nomination d’un Conservateur des Archives municipales en 1958, afin de permettre à celui-ci d’avancer le travail de classement. Aujourd’hui, les horaires d’ouverture sont larges (fermeture le midi uniquement).

Les Archives proposent bien sûr également des outils de recherche dans ses fonds : ce sont les inventaires, les index de noms et de lieux, les tables en tout genre. Les premiers inventaires sont l’oeuvre successive de Joseph Garnier et Louis de Gouvenain (1841-1887), complétée par le travail de Charles Oursel, conservateur de la bibliothèque de Dijon et archiviste : sont réalisés les inventaires des fonds anciens uniquement, les fonds modernes déjà produits n’étant pas tous encore en leur possession. Le premier inventaire a été publié en 1867, le dernier en 1910. Des répertoires numériques dactylographiés, des fiches dactylographiées et des fascicules de ces fiches ont été produits au XXe siècle afin de compléter les inventaires des archives anciennes et recenser le contenu des archives modernes24.

Dans les années 1980, les documents les plus consultés sont microfilmés pour une utilisation plus durable de leur contenu mais aussi une tentative de ralentir leur dégradation : il s’agit alors essentiellement des délibérations de la municipalité de Dijon, parties précieuses du fonds ancien, consultées par les chercheurs et étudiants25. C’est la première étape de la numérisation. Au tournant des années 1990 et 2000, les registres de paroisses du XVIe au XVIIIe siècle et le recensement de la population de Dijon depuis 1791 sont également numérisés afin de répondre à l’attente d’un fort public de généalogistes amateurs et confirmés qui a émergé dans les années 198026.

La visibilité en ligne fait néanmoins défaut bien que le service dispose de quelques pages descriptives au sein du site http://www.dijon.fr. Seul le catalogue de la bibliothèque du service est accessible via le formulaire de recherche de la bibliothèque municipale. Aucun des inventaires n’a été numérisé ou indexé. Quelques rares groupes de documents sont en ligne, à la suite d’évènements particuliers (colloques, expositions). On peut trouver sur le site du gouvernement http://www.culture.fr une description du fonds des archives théâtrales de la municipalité, intégré au répertoire des arts du spectacles27, ou des plans de la ville de Dijon28. On trouve les sceaux de Bourgogne dans la base ARCHIM également29. Dans un avenir prochain, un ordinateur sera mis à disposition en salle de lecture pour la consultation du catalogue de la bibliothèque et d’un catalogue des fonds.

En revanche, le service prend à cœur de constituer et d’actualiser une revue de la presse sur la ville de Dijon et les thématiques générales touchant la Bourgogne. Il ne s’agit pas à proprement parler de compléter la bibliothèque de revues (bien qu’elle en contienne) mais de rassembler les différents articles issus notamment des journaux locaux et de les classer et cataloguer comme fonds supplémentaire. La Revue de presse est bien sûr communicable mais n’est pas numérisée.

Enfin, le service a diversifié son offre de communication en proposant depuis 2004 environ des expositions (Bicentenaire de la Légion d’honneur en 2004, Mozart à Dijon en 2007, Sainte-Jeanne de Chantal en 2010… mais aussi François et Sophie Rude et Léon Rosenthal en 2012), une boutique sur le « site Liberté » (cartes postales, catalogues d’exposition, reproductions de gravures et de plans de Dijon) ainsi qu’un service éducatif. Ce dernier bénéficie de locaux spécifiques sur le « site Colmar » et a constitué l’un des facteurs de l’acquisition du site lui-même puisqu’il s’agissait de proposer l’accueil individuel et en groupe sans nuire au travail de quiconque30.

Notes

22 DEGROISE Marie-Hélène, op.cit., p. 5-6.
23 Ibid. p. 11.
24 Archives municipales de Dijon, Les instruments de recherche aux Archives municipales de Dijon : site Liberté, op.cit. p. 8-18.
25 Ibid. p. 21. Ville de Dijon, Mémoire citoyenne : les archives au service des Dijonnais, op.cit., p. 4.
26 Ville de Dijon, Mémoire citoyenne : les archives au service des Dijonnais, op.cit., p. 11.
27 Ministère de la Culture, « Archives du Théâtre municipal de Dijon » in Culture.fr : Répertoire des arts du spectacle. Url: http://rasp.culture.fr/sdx/rasp/document.xsp?id=f00000346. Consulté le 4 mars 2013.
28 Par exemple (après recherche dans le moteur de recherche du site) : BEAURAIN Jean (de), INSELIN Charles, DENOINVILLE, GAMBU André, Plan de la Ville et des Environs de Dijon, Paris, Beaurain, 1730, plan. Url : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b59718227. Consulté le 4 mars 2013.
29 Archives de France, « Sceaux de Bourgogne » in ARCHIM. Url : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_9=NOMDOS&VALUE_9=SCEAUX%20DE%20LA%20COLLECTION%20BOURGOGNE. Consulté le 4 mars 2013.
30 LOCHOT Éliane, « Archives, patrimoine et citoyenneté : de nouveaux enjeux », op.cit., p. 30.

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